On va smiley !

C’est article est le premier après les résolutions prises dans le cadre de l’usage de mon réseau personnel d’apprentissage.

Un petit peu d’histoire …

Oups ! J’ai glissé du côté obscur de la désinformation en utilisant le terme de smiley, entraîné par l’enthousiasme de fêter le trentième anniversaire de cette pastille jaune, flanquée de deux points noirs en guise d’yeux et d’un arc de cercle mimant le sourire. Alors,rectifions d’abord le tir.

smiley-opencliartLe smiley est plus âgé puisqu’il aurait été inventé par un publicitaire en 1963, en réponse à la commande d’une société d’assurance américaine qui voulait redonner le moral a ses employés.
Mais le smiley est français ! Franklin Loufrani, journaliste a déposé le logo à l’INPI en 1971, et utilisé ensuite dans l’opération « prenez le temps de sourire« , pour combattre la morosité ambiante de ces années-là 1.

Les frimousses 2 ou binettes 3 ont, elles, bel et bien, 30 ans. Il s’agit là des figures tracées à l’aide des signes disponibles sur les touches des claviers.
En 1982, un enseignant américain aurait proposé de distinguer les messages électroniques sérieux des autres en ajoutant à ces derniers les signes suivants smiley. Puis le jeu de caractères s’est élargi pour exprimer toute une gamme d’états d’esprit dans lequel peut se trouver un internaute. 4

Clavier Icône Emoji sur Ipad

Clavier Icône Emoji sur Ipad

Aujourd’hui, par un petit brassage de ces deux univers, les émoticônes se sont répandues avec le déploiement de certaines polices spécifiques et des claviers intégrés aux tablettes numériques.

Pour boucler cette première boucle, il est à noter que les sociétés qui utilisent ces icônes reversent des droits à la société SmileyWorld Ltd, basée à Londres, dirigée par Nicolas, le fils de Franklin Loufrani.

Sur le web,  j’écris ? Je parle ? Non,  je clavarde !

L’environnement numérique est-il à l’origine d’une nouvelle forme d’énoncé ?
Exerçons-nous les codes de la correspondance écrite dans les chats, le courrier électronique, le microblogging ou sommes-nous plus dans le genre de la conversation orale ?
Ce sont, schématiquement, les sujets abordés par la revue sociologique en ligne de l’université de Rouen dans le numéro 10 de l’année 2007 5

Ainsi, qui n’a jamais écrit comme il parlait dans un mel ou un tweet ? « t’as vu ? » « Y’a pas mort d’homme … » En ajoutant des majuscules pour marquer l’emphase : « OOoouuuaaahhHHHH ! », ce qui nous rapproche de l’onomatopée dans la bande dessinée.
Pourtant, certaines règles de l’écrit sont généralement respectées : la négation « ne … pas », « ce sont … », les formes interrogatives, … Cette attention est peut-être encouragées par le passage de la sphère privée à la sphère publique de la conversation.
La frontière entre orale et écrit n’est pas très nette dans ces usages numériques.

Mais par l’écrit, certains éléments de communication sont difficilement exprimables : l’intonation, les gestes, les mimiques, etc. Voici l’un des premiers arguments avancé quand à l’usage des frimousses, binettes ou maintenant émoticônes.

Certains chercheurs les interprètent comme une ponctuation expressive supplantant la ponctuation syntaxique. D’autres les comparent aux informations apportées par l’auteur en marge des dialogues d’une pièce de théâtre, dans la mesure où le lecteur est ainsi informé de l’intention ou de l’état émotionnel de l’émetteur.
J’ajouterai une autre similitude avec les idéogrammes dans les bulles de bandes dessinées qui viennent renforcer le message sur l’état émotionnel des personnages.
Michel Marcoccia et Nadia Gauducheau 6 déterminent quatre rôles principaux pour les smileys :

  • Expressif : permettant à l’auteur de préciser son état d’esprit ou la dimension émotionnelle du message. « Raté ! Quel dommage ! :-( « ;
  • Ironique ou humoristique : le clin d’œil, l’éclat de rire, etc. « Encore raté ! :-)) « ;
  • Relationnel : pour inviter le lecteur à plus de connivence ou familiarité, ou au maintien de la relation dans un fil de discussion.  » Raté, on fera mieux la prochaine fois ;-) « ;
  • De politesse : « raté, tu n’as pas dû lire correctement ;-) ».

Et alors ? me direz-vous.

Comme vous, j’avais une vague idée du rôle de ces émoticônes. Mais j’avais une tendance à vouloir les utiliser à tout bout de champ. De cette réflexion est née une nouvelle résolution : n’utilisez les smileys que dans des cadres précis en lien avec les situations de clavardage, tweet, mel, et commentaires de blog. J’éviterai de les utiliser dans les articles sauf, comme aujourd’hui à titre d’exemple.

Comme on ne peut pas se refaire, j’abuserai sans doute encore de quelques onomatopées ;-), c’est mon dernier !

smileybirds

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4 Responses to On va smiley !

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